TÍTULO Amélie et la Métaphysique des tubes REALIZAÇÃO Maïlys Vallade e Liane-Cho Han PRODUÇÃO Maybe Movies e Ikki Films ARGUMENTO Liane-Cho Han, Aude Py, Maïlys Vallade e Eddine Noël, adaptação do romance Métaphysique des tubes (Amélie Nothomb) ORIGEM França ESTREIA 21.05.2025 (F. Cannes) 25.06.2025 (França) VISTO Paris 28.06.2025 Bercy
Reprodução da crítica do jornal Figaro:
Notre critique du film d’animation Amélie et la métaphysique des tubes, stupeur et émerveillement
Par Olivier Delcroix
Amélie et la métaphysique des tubes raconte les trois premières années de la vie d’Amélie Nothomb au Japon. Haut et court distribution
CRITIQUE - Prix du public au dernier Festival d’Annecy, ce long-métrage aussi délicat que profond adapte avec tact le roman d’Amélie Nothomb. À voir de 7 à 77 ans.
Le défi était de taille, sinon impossible, selon certains. Comment transposer à l’écran sans le dénaturer le roman d’Amélie Nothomb, Métaphysique des tubes, qui conte les trois premières années de sa vie passée au Japon ? Et en animation, qui plus est. Il aura fallu plus de sept ans pour développer les idées graphiques et mener à bien ce projet. À l’arrivée, Amélie et la métaphysique des tubes tient ses promesses et même plus.
Réalisé par Mailys Vallade et Liane-Cho Han, ce long-métrage innovant d’une grande beauté plastique et d’une audace graphique étonnante a été longuement ovationné lors de sa projection au dernier Festival d’Annecy. Il a logiquement obtenu le prix du public.
Un univers surréaliste
L’histoire commence comme le roman : par le verbe. Une petite narratrice au timbre bien trempé déclare: «Au commencement, il n’y avait rien. À part un tube!» Le visage rond de ce bébé aux grands yeux verts semble impassible. Immédiatement, le spectateur plonge dans la vie quotidienne du bébé Amélie, qui découvre la vie sans la moindre émotion. Née au Japon, la petite héroïne d’origine belge y vit avec ses parents, son frère et sa sœur. Son papa y est diplomate.
Récit initiatique, conte philosophique et fable onirique, Amélie et la métaphysique des tubes s’attache à recréer l’univers surréaliste de la petite enfance nippone de la romancière. En suivant la prime évolution d’un bébé héroïne tour à tour confrontée à la disparition de sa grand-mère adorée et au départ brutal de sa nounou, avec qui elle entretenait une relation fusionnelle, ce premier long-métrage développe une nouvelle grammaire cinématographique à hauteur d’enfant, tout en instillant des notions matures et philosophiques.
Pour convaincre Amélie Nothomb de les laisser adapter son œuvre, les cinéastes Mailys Vallade et Liane-Cho Han lui ont d’abord écrit une lettre manuscrite. Sa maison d’édition a répondu que la romancière considérait ses livres comme ses enfants. Et que leurs adaptations étaient ses petits-enfants. Amélie Nothomb ne souhaitait pas « participer à l’éducation de ses petits-enfants ». Cela laissait donc toute latitude aux réalisatrices. Elles ne s’en sont pas privées.
Une grande jeunesse
Ce qui frappe, dans l’univers graphique d’Amélie et la métaphysique des tubes, ce sont les yeux immenses des personnages, qui leur mangent quasiment tout le visage. Dans le domaine de l’animation, on appelle cela la néoténie. Apposer graphiquement de grands yeux aux protagonistes, c’est signifier qu’ils possèdent une grande jeunesse. La néoténie étant la conservation de caractéristiques juvéniles chez l’adulte.
Le film met également en place un univers pictural impressionniste fait de grandes taches de couleur et sans le moindre cerné noir. Avec une équipe créative dévouée de quelque cent cinquante personnes. (...)