Sunday, April 28, 2024

L' Antilope (1954)

 
Paris, abril de 2024 Nation 4.5/5

Crítica do LE PARISIEN (Renaud Baronian)

«L’Antilope d’or» et «La Renarde et le lièvre» : 2 contes animaliers animés issus de la tradition russe

Regroupés dans le même programme en salles ce mercredi 27 mars, ces deux courts-métrages datant de 1954 et 1973 illustrent parfaitement la qualité des œuvres animées soviétiques dont les maîtres ont influencé le monde entier. 

En salles dès ce mercredi 27 mars, «l’Antilope d’or» (1954) de Lev Atamanov et «la Renarde et le lièvre» (1973) de Youri Norstein, ouvrent l’esprit des spectateurs de tous âges à la poésie et au merveilleux.

Il y a eu une « Reine des neiges » animée bien avant la version hyperpopulaire de Disney en 2013. Adapté d’un conte d’Andersen, le film date de 1957 et il est signé Lev Atamanov, l’un des maîtres de l’animation russe.

En dehors des frontières de ce qui s’appelait alors l’Union Soviétique, cet art de l’animation est peu connu du grand public, alors qu’il a constitué, surtout entre les années 1940 et 1990, une dimension fondamentale du genre.

Une production très importante avec des particularités - animation classique en 2D, rotoscopie, peintures animées et papiers découpés, utilisation de marionnettes… - qui ont notamment influencé d’autres écoles du domaine à l’Est (Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne…) et même le monde entier.

En salles ce mercredi 27 mars, le programme concocté par Malavida Films, distributeur français spécialisé dans les films de patrimoine, qui regroupe deux courts-métrages animés, « la Renarde et le lièvre » (1973) de Youri Norstein et « l’Antilope d’or » (1954) de Lev Atamanov, va ravir les plus jeunes, et offre un double point de vue sur l’excellence et les avancées techniques de l’animation russe.  Morales et métaphores dignes de La Fontaine « La Renarde et le lièvre » s’inscrit dans la grande tradition russe des contes animaliers, avec des morales et des métaphores dignes de La Fontaine. Réalisé en papier découpé - technique chère à notre Michel Ocelot national - le film de 13 minutes focalise sur un lièvre qui, en plein hiver, vit dans une petite cabane qu’il a du mal à chauffer, et se voit moqué par sa voisine, une renarde qui habite un igloo offrant une excellente isolation.   

Mais, lorsque ce dernier fond au printemps, elle s’en va squatter la bicoque du lièvre. Devenu SDF, ce dernier va faire appel à divers animaux de la forêt - un loup, un ours… - pour l’aider à récupérer son logis mais rien n’y fera face au courroux de l’acariâtre renarde. Au final, seul un coq malin va parvenir à la chasser, devenant ensuite le colocataire et ami du lièvre.   Newsletter La liste de nos envies Nos coups de cœur pour se divertir et se cultiver. Somptueux, le court film en met plein les yeux avec ses papiers peints et découpés qui s’animent à la façon de tableaux de maîtres. Cerise sur le pirojki, ette nouvelle version en VF fait appel au comédien français Damien Bonnard qui interprète de façon enlevée les voix du narrateur et de tous les personnages.  

Dans le court-métrage animé de Youri Norstein, «la Renarde et le lièvre» (1973), un lièvre qui vit dans une petite cabane se voit chasser de son logis par une renarde. Seul un coq malin va parvenir à la chasser, devenant ensuite le colocataire et ami du lièvre. Le film a un autre mérite : mettre en lumière l’œuvre du mythique Youri Norstein, 82 ans, cinéaste patient, inventif et méticuleux qui a pris son temps pour perfectionner son œuvre : six films - dont le très renommé « Conte des contes » (1979) - en quarante ans, qui représentent, si on les met bout-à-bout, moins de deux heures de pellicule.

La filmographie de Lev Atamanov (1905-1981) est bien plus conséquente, et s’étale de 1930 à 1980. « L’Antilope d’or », offre durant 31 minutes un aperçu de choix sur sa production. Féérie située au Rajasthan à l’époque des mille et une nuits, le film conte l‘obsession d’un maharadja vénal pour une antilope magique qui, à chaque fois qu’elle s’ébroue, expulse une pluie de pièces d’or.
Dans «l’Antilope d’or» (1954) de Lev Atamanov, un maharadja vénal veut s'emparer d'une antilope magique qui, à chaque fois qu’elle s’ébroue, expulse une pluie de pièces d’or. Désirant capturer l’animal, le souverain va être entravé dans ses plans par un gamin qui vit au cœur de la jungle : ami des animaux, même les plus sauvages et féroces, il les protège et se montre capable de communiquer avec eux.  Le film est réalisé en rotoscopie, technique éprouvante notamment utilisée par Walt Disney pour « Blanche Neige », et dont on peut voir une magnifique illustration en salles depuis le 20 mars avec le long-métrage « La Jeune fille et les paysans » de DK et Hugh Welchman. Éprouvante car elle consiste à d’abord filmer les scènes en image réelles, avant de les redessiner image par image. Ce qui prend beaucoup de temps et offre une très grande fluidité dans les mouvements: alors que le film date de 1954, il ne souffre pas de cette animation saccadée caractéristique des œuvres de l’époque Pour le reste, ce court-métrage, tout comme celui de Youri Norstein, ouvre l’esprit des spectateurs de tous âges à la poésie et au merveilleux: que du bonheur…

Persepolis (Vincent Paronnaud, Marjane Satrapi, 2007)

Persepolis (Vincent Paronnaud, Marjane Satrapi, 2007) EST 23.05.2007 (F. Cannes) 21.02.2008 (Portugal) V. Paris 2007 Les Halles Versão Digit...